3235 Barclay, un 12 logements de VisionDev à Côte-des-Neiges, Montréal
October 26, 2026

Combien vaut mon plex à Montréal ? Le calcul par revenu net et taux de capitalisation (2026)

Combien vaut un plex à Montréal en 2026 ? La méthode des revenus expliquée pas à pas : revenu net, taux de capitalisation, exemple chiffré et erreurs fréquentes.
On the ground at VisionDev

En 2025, VisionDev a analysé plus de 280 immeubles dans le Grand Montréal et déposé près de 80 offres. Sur nos 11 immeubles (37,5 M$ d'actifs), on utilise exactement la méthode décrite ici : revenu net divisé par le taux de capitalisation. Un écart d'un demi-point de taux change la valeur d'un 12 logements de plus de 250 000 $.

Un plex à Montréal vaut d'abord ce que rapportent ses loyers. Pour un immeuble de 5 logements et plus, la méthode de référence est celle des revenus : on prend le revenu brut, on soustrait les dépenses d'exploitation pour obtenir le revenu net, puis on divise ce revenu net par le taux de capitalisation du secteur. Le prix par porte et les comparables servent ensuite à vérifier le résultat.

Chez VisionDev, on applique ce calcul chaque semaine à des immeubles que des propriétaires nous présentent, et c'est aussi la base de notre propre outil d'estimation. Voici comment le faire vous-même, avec les chiffres qu'on observe sur le terrain en 2026.

Les trois méthodes d'évaluation d'un plex

MéthodeComment ça marcheQuand elle compte
Revenus (TGA)Revenu net ÷ taux de capitalisationLa base pour tout immeuble de 5 logements et plus ; c'est ce que regardent les banques et les acheteurs
ComparablesPrix récents d'immeubles semblables, souvent ramenés au prix par porteVérification du résultat ; dominante pour les duplex et triplex où l'acheteur habite
Coût de remplacementTerrain + coût de reconstruction, moins la dépréciationRarement utile pour un plex existant

Étape 1 : le revenu brut réel

Partez des loyers effectivement perçus, pas des loyers « potentiels ». Ajoutez les revenus accessoires : stationnements, buanderie, rangement. Pour un 6 logements loués en moyenne 1 250 $ : 6 × 1 250 $ × 12 = 90 000 $ par année.

Deux pièges :

  • Les loyers sous le marché. Ils réduisent la valeur aujourd'hui, mais un acheteur avisé y voit un potentiel. Notre article sur l'augmentation de loyer 2026 (TAL) explique ce qu'une hausse change à la valeur.
  • Les logements vacants ou en rénovation. Comptez-les à zéro dans le brut réel, et indiquez-les séparément.

Étape 2 : les dépenses d'exploitation

Soustrayez tout ce que l'immeuble coûte à exploiter, sans l'hypothèque : taxes municipales et scolaires, assurances, entretien et réparations, déneigement et entretien paysager, électricité des espaces communs, chauffage s'il est payé par le propriétaire, gestion (comptez-la même si vous gérez vous-même, un acheteur le fera) et une réserve pour vacance et mauvaises créances (2 à 4 %).

Dans le Grand Montréal, les dépenses représentent généralement 30 à 40 % du revenu brut pour un plex où les locataires paient leur chauffage, et davantage si le propriétaire le paie. Dans notre propre outil d'estimation, on retient un ratio de 70 % de revenu net sur le brut, puis on retire environ 1 000 $ par logement par année quand le chauffage est à la charge du propriétaire.

Sur notre exemple : 90 000 $ × 70 % = 63 000 $ de revenu net d'exploitation (RNE).

Étape 3 : le taux de capitalisation

Le taux de capitalisation (TGA, ou cap rate) est le rendement qu'un acheteur exige sur le revenu net. Plus le taux est bas, plus la valeur est haute. En 2026, pour des plex de 5 à 24 logements dans le Grand Montréal, on observe des taux d'environ 4,25 % à 5 % selon le secteur, l'état de l'immeuble et le niveau des loyers. Les quartiers centraux et les immeubles rénovés se vendent au bas de la fourchette ; les secteurs périphériques et les immeubles à rafraîchir, au haut.

Valeur = RNE ÷ taux. Sur notre exemple :

  • À 4,25 % : 63 000 $ ÷ 0,0425 = 1 482 000 $
  • À 5 % : 63 000 $ ÷ 0,05 = 1 260 000 $

Trois quarts de point de taux font une différence de 222 000 $ sur un 6 logements. C'est pourquoi la négociation porte souvent sur le taux autant que sur les chiffres de l'immeuble.

Étape 4 : vérifier avec le prix par porte

Divisez la valeur obtenue par le nombre de logements. Sur l'exemple à 4,5 %, 1 400 000 $ ÷ 6 = 233 000 $ par porte. Comparez ensuite avec les transactions récentes de votre secteur : si les immeubles comparables se sont vendus entre 200 000 $ et 260 000 $ la porte, votre résultat tient. S'il s'en écarte beaucoup, c'est généralement que les loyers ou le taux de capitalisation sont mal calibrés.

Le prix par porte varie fortement selon la taille des logements : un 3 ½ et un 5 ½ n'ont pas la même valeur. C'est un repère, pas une méthode.

Exemple complet : un 8 logements à Montréal-Nord

  • Loyers : 8 logements à 1 150 $ en moyenne, plus 2 400 $ de stationnements par année → revenu brut de 112 800 $
  • Dépenses : 36 % → revenu net de 72 200 $
  • Taux de capitalisation du secteur : 5 %
  • Valeur : 72 200 $ ÷ 0,05 = 1 444 000 $, soit 180 500 $ la porte

Si trois des huit loyers sont à 950 $ alors que le marché est à 1 250 $, l'acheteur verra 10 800 $ de revenu additionnel à aller chercher au fil des renouvellements, soit plus de 200 000 $ de valeur à 5 %. Cet écart explique pourquoi deux acheteurs peuvent offrir des prix très différents pour le même immeuble.

Ce qui fait monter ou baisser la valeur

À la hausse : des loyers proches du marché, une toiture, des fenêtres et un système de chauffage récents, des baux bien documentés, des logements autonomes pour le chauffage, un stationnement, un secteur en demande.

À la baisse : des loyers très bas protégés par le TAL, des travaux majeurs à prévoir, un historique de litiges, une mauvaise tenue de livres (impossible de prouver les revenus), un chauffage central à l'huile ou au gaz payé par le propriétaire.

Les erreurs qu'on voit le plus souvent chez les vendeurs

  1. Évaluer avec des loyers « potentiels » plutôt que les loyers signés.
  2. Oublier des dépenses : gestion, réserve pour vacance, taxes scolaires.
  3. Appliquer le taux de capitalisation d'un autre quartier ou d'une autre année.
  4. Additionner la valeur des rénovations au prix : un acheteur paie pour le revenu, pas pour les factures.
  5. Se fier au rôle d'évaluation municipal, qui date de plusieurs années et ne suit pas le marché.

Comment obtenir un chiffre fiable

Trois options, du plus simple au plus formel : un acheteur direct qui vous remet une analyse écrite et gratuite, un courtier qui prépare une analyse comparative de marché, ou un évaluateur agréé pour un rapport officiel (de 1 500 à 3 500 $ selon l'immeuble). Les trois devraient arriver à des résultats proches si vos revenus et dépenses sont bien documentés.

VisionDev achète des immeubles de 8 logements et plus dans le Grand Montréal, directement et sans commission. Si vous voulez connaître la valeur de votre immeuble, demandez notre analyse préliminaire gratuite : vous recevez un chiffre justifié, sans engagement. Vous hésitez entre courtier et vente directe ? Lisez notre comparatif.

Frequently asked questions

Comment calculer la valeur d'un plex rapidement ?

Prenez le revenu brut annuel, retirez 30 à 40 % de dépenses pour obtenir le revenu net, puis divisez ce revenu net par le taux de capitalisation du secteur (4,25 à 5 % dans le Grand Montréal en 2026). Un 6 logements à 90 000 $ de loyers vaut environ 1,26 à 1,48 M$.

Quel est le prix par porte à Montréal en 2026 ?

Il varie selon le quartier, la taille des logements et les loyers en place. Pour des plex de 5 à 24 logements, on observe généralement de 150 000 $ à plus de 300 000 $ par logement dans le Grand Montréal. C'est un repère de vérification, pas une méthode d'évaluation.

Le rôle d'évaluation municipal reflète-t-il la valeur de mon plex ?

Non. Le rôle est établi à une date de référence qui remonte souvent à plusieurs années et il sert à calculer les taxes, pas à fixer un prix de vente. La valeur marchande peut être nettement supérieure ou inférieure.

Des loyers bas font-ils baisser la valeur de mon immeuble ?

Oui, parce que la valeur repose sur le revenu net actuel. Un acheteur tiendra toutefois compte du potentiel de hausse aux renouvellements, surtout si l'écart avec le marché est documenté.

Faut-il un évaluateur agréé pour vendre un plex ?

Non, ce n'est pas obligatoire. Un rapport d'évaluateur agréé est surtout exigé par les prêteurs. Pour fixer un prix de vente, une analyse écrite d'un acheteur sérieux ou d'un courtier suffit généralement.

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